Fiches de lecture en vedette
Caliban and the Witch
Silvia Federici propose, dans Caliban and the Witch, une lecture féministe, matérialiste et historique de la naissance du capitalisme, en replaçant au cœur de ce processus la violence de genre et la réorganisation du travail reproductif. En rupture avec les récits classiques de l’accumulation primitive, elle montre que le capitalisme ne s’est pas constitué seulement par l’expropriation des terres ou la mise au travail salarié, mais aussi — et surtout — par la destruction des formes communautaires de vie et la discipline du corps, en particulier celui des femmes.
Empire Of Cotton
L’empire du coton fut, dès ses origines, le théâtre d’un affrontement mondial constant entre esclaves et planteurs, marchands et hommes d’État, ouvrier·ères et industriels. Dans Empire of Cotton, Sven Beckert montre de manière saisissante que ces luttes sociales ne sont pas périphériques : elles sont constitutives de l’émergence du capitalisme moderne. Loin d’être un système fondé sur la liberté et la concurrence pure, le capitalisme global naît de l’articulation entre violence impériale, esclavage racial, expropriation coloniale et discipline industrielle.
Dernières fiches publiées
Abolition. Feminism. Now.
Abolition. Feminism. Now. est à la fois une célébration du travail de libération, une généalogie des mouvements, un appel à l’action et un défi lancé à celles et ceux qui considèrent l’abolition et le féminisme comme des projets politiques distincts – voire incompatibles.
Are Prisons Obsolete?
Dans Are Prisons Obsolete?, Angela Davis propose une critique historique et politique du système carcéral américain, qu’elle présente comme hérité de l’esclavage, de la ségrégation et du racisme institutionnel. Elle démontre que la prison n’est pas une réponse « naturelle » au crime, mais une construction sociale liée à des intérêts économiques, raciaux et politiques, cristallisés dans ce qu’elle nomme le prison industrial complex. Davis met en lumière les effets genrés et racialisés de l’enfermement, notamment sur les femmes racisées, et critique le réformisme qui renforce souvent le système. Elle appelle à une perspective abolitionniste, fondée sur la décarcération, la justice réparatrice, et la décriminalisation des pratiques ciblant les populations marginalisées. Plutôt que de chercher une alternative unique à la prison, elle plaide pour une transformation structurelle de la société, afin de rendre les prisons obsolètes.


